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Qu’est-ce que le vin biologique?

Avant toute chose, il faut préciser que le vin biologique n’existe pas. En tout cas pas au sens juridique, puisque aucune législation européenne ne vient encadrer la production et définir les caractéristiques de ce produit.

Par contre, la culture de la vigne et des raisins qui serviront à produire le vin, peut se faire selon les règles et le cahier des charges de l’agriculture biologique, définis par l’Union Européenne. Cette forme de viticulture fait l’objet de contrôles réguliers, exercés par un organisme indépendant, qui garantit et certifie le respect de la norme européenne et la qualité biologique des produits.

La dénomination «vin biologique» n’a ainsi pas de valeur légale et ne constitue pas en tant que tel un label de qualité. En attendant que s’impose un cadre législatif, il est donc plus juste d’utiliser l’expression «vin élaboré à partir de raisins issus de l’agriculture biologique», même si par commodité, on a tendance à parler de «vin bio».

Si l’on insiste sur la qualité «biologique» des raisins et du vin, c’est que cette agriculture dite «biologique» se distingue de l’agriculture dite «conventionnelle». Quelles sont leurs différences?

L’agriculture biologique, un autre rapport à la terre.

L’agriculture biologique diffère de l’agriculture conventionnelle en ce qu’elle exclut l’usage d’engrais, de pesticides de synthèse et d’organismes génétiquement modifiés (OGM). L’objectif est de produire des aliments sains, tout en préservant l’écosystème des cultures, la qualité des sols, la biodiversité, et ce dans le respect des limites écologiques, économiques et sociales qui assurent la durabilité de cette production. De ce fait, l’agriculture biologique peut être considérée comme l’une des composantes du développement durable.

Les produits de synthèse: un cercle vicieux

Cela revient-il à dire que l’agriculture conventionnelle est malsaine? Évidemment que non. Toutefois, dans la mesure où elle se fonde largement sur l’utilisation du couple engrais chimiques - pesticides, elle induit un cercle vicieux et néfaste à long terme.

épandage de pesticides sur un champ em agriculture intensiveLa première étape de ce cercle vicieux, est l’utilisation de pesticides, parfois en dose massive, pour protéger les cultures des insectes nuisibles. Ces pesticides, toxiques et polluants, ne font pas le tri: ils éliminent les organismes nuisibles, mais également tous les micro-organismes présents dans le sol, qui par leur activité participent à sa vitalité et à sa fertilité. Au fur et à mesure des récoltes et des épandages de pesticides, les sols finissent par s’épuiser, leur rendement baisse et ils deviennent peu ou pas productifs.

Pour pallier cette faiblesse des sols, il faut alors utiliser des engrais chimiques, chaque fois plus puissants et en plus grandes quantités. Ces engrais sont souvent eux aussi très polluants. Ils induisent, d’autre part, une croissance artificielle très rapide des cultures, ce qui les fragilise et impose le recours à d’autres produits artificiels, médicaments et produits phytosanitaires.

Ce cycle a pour effet l’appauvrissement extrême, voire la mort des sols, la pollution des terres de culture et la contamination des nappes phréatiques. Il a un impact nocif très important sur la faune et la flore liées aux zones de culture et contribue largement à la baisse de la biodiversité. Enfin, s’il permet de maintenir une productivité élevée, c’est souvent au détriment de la qualité générale des produits et notamment de leurs caractéristiques gustatives. On assiste en effet à une standardisation de l’apparence et des goûts des produits agricoles, qui sont désormais gavés d’additifs, au lieu de tirer leurs substances du sol qui les accueille, lequel de par ses qualités et ses défauts leur donne néanmoins des caractéristiques uniques.

Des méthodes de culture proches de la nature.

Le meilleur des insecticides !Refusant ces méthodes, les pratiquants de l’agriculture biologique excluent le recours aux engrais chimiques et pesticides de synthèse. Ils leur préfèrent d’autres pratiques plus saines, qui permettent d’assurer le rendement et la protection des cultures, sans porter atteinte à l’environnement.

une plantation d'engrais vert entre deux culturesAinsi, la rotation des cultures permet de rompre le cycle de vie de plantes nuisibles ou exogènes, améliore les caractéristiques physiques du sol et la diversité de sa matière organique, tout ceci afin qu’il conserve naturellement sa fertilité.

Le recours à des engrais verts entre deux récoltes nourrit le sol, empêche son érosion et capte les nitrates qui serviront à la croissance de la prochaine culture. Le compostage permet de recycler des matières organiques qui fourniront un engrais efficace et naturel.

Enfin, on pratique la lutte biologique, qui consiste, pour lutter contre un insecte nuisible, à faire appel à son prédateur naturel.

L’objectif est d’obtenir des produits de qualité, avec de réelles caractéristiques gustatives et une identité de terroir, dans le respect du consommateur et de l’environnement.

Les fondements de l’agriculture biologique.

L’agriculture biologique trouve son fondement dans les travaux de médecins, d’agriculteurs, d’agronomes, et notamment de l’Allemand Rudolf Steiner, qui dans les années 1920, ont réfléchi à un autre mode de production agricole, privilégiant le travail du sol, promouvant l’autonomie de l’exploitant agricole et le respect des équilibres naturels.

C’est après la Seconde Guerre mondiale, notamment au cours des années 1970 grâce aux progrès du courant écologiste, que l’agriculture bio va prendre son essor. Même si la part de l’agriculture biologique reste globalement marginale, elle se développe aujourd’hui de façon continue et régulière, du fait d’une demande croissante des consommateurs.

Le logo européen de l'agriculture biologiqueElle est encadrée et labellisée par différentes législations nationales. Au niveau de l’Union Européenne, le règlement communautaire 2092/91 vient fixer en 1991 le cahier des charges de l’agriculture biologique pour les productions végétales. Ce règlement est remplacé par le 834/2007.

Pour bénéficier du label Agriculture Biologique, l’exploitant agricole s’engage donc à respecter un cahier des charges contraignant et à accepter le contrôle d’un organisme de certification indépendant qui en vérifie la bonne application. En Grèce, les principaux organismes de certification sont BIOHELLAS et DIO.

Et la vigne dans tout ça?

BIOHELLASLes principes généraux de l’agriculture biologique s’appliquent parfaitement à la culture de la vigne: on n’utilise pas de désherbants chimiques ou produits de traitement de synthèse.

Au contraire, on recourt, pour protéger le vignoble, à des produits naturels et biodégradables comme le soufre en traitement préventif et curatif de l’oïdium ou le sulfate de cuivre, contre le mildiou. Bien souvent enfin, le viticulteur biologique préfère réduire le rendement de sa vigne, préférant un raisin moins abondant, mais de meilleure qualité.

Qu’obtient-on finalement? Des cépages qui expriment naturellement tout leur caractère, modelés par un sol et un climat uniques. Bien sûr l’usage de raisins biologiques n’est pas forcement synonyme de vins excellents. Faire du bon vin avec la récolte dont il dispose, c’est cela tout l’art de l’œnologue. Il n’en reste pas moins que les raisins biologiques sont le meilleur fondement d’une vinification réussie, pour des vins au caractère affirmé, dignes représentants d’un terroir et d’une longue histoire.

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